Là-bas, août est un mois d’automne

Le jeune autour Bruno Pellegrino, fasciné par la vie du poète vaudois Gustave Roud (1897-1976), imagine un roman, tout en lenteur et contemplation, axé sur la vie quotidienne du poète depuis les années 60 jusqu’à sa mort. Il choisit d’y intégrer la figure de sa sœur Madeleine, avec qui Gustave Roud partagera son quotidien dans la maison familiale de Carrouge.

« Deux chouettes shootées au thé »
Gustave et sa sœur aînée Madeleine, derniers descendants de leur famille, investissent la trop vaste demeure familiale, à elle seule un personnage du roman, avec ses chambres encore habitées par les présences des parents et des vieilles tantes, et son jardin luxuriant. Ils auraient pu chacun suivre un destin plus étincelant, Madeleine dans l’enseignement (l’auteur lui invente un intérêt marqué pour l’astrophysique) et Gustave en devenant professeur d’université.

Mais Madeleine a préféré se vouer avec entrain et robustesse aux tâches routinières d’une maison bien tenue, et au soutien indéfectible et discret à son frère. Gustave, quant à lui, vit son existence de poète entre vagabondage dans les bois environnants, tout à la quête du mot juste pour souligner la beauté de la nature et des paysans du Jorat, et au parfois contraignant travail de traducteur et d’homme de lettres reconnu.

Vies simples, parfois précaires, où l’on vit des produits du jardin, où le temps s’écoule lentement au fil des saisons dans ce rude coin de pays.

Gustave Roud, photographe
L’auteur choisit de mettre également en lumière l’activité de photographe quasi ininterrompue de Gustave Roud, centrée sur la vie paysanne et parsemée de portraits de robustes paysans aux torses constamment nus. Avec pudeur, il pose l’orientation sexuelle de Gustave Roud dans une discrète lumière allusive, telle que choisie elle-même par le poète. «Gustave s’enflamme et brasse les photos par centaines, elles retombent en pluie autour de lui, et c’est à cela qu’elles servent, c’est pour cela que depuis toujours il photographie des hommes presque nus: pour s’enflammer, et parvenir à passer l’hiver.»

Gustave Roud à la bibliothèque
Le splendide ouvrage « Terre d’ombres : 1915-1965, itinéraire photographique de Gustave Roud » (Slatkine, 2002) permet de découvrir le parcours photographique de Gustave Roud. On trouvera également plusieurs recueils de poésies de Gustave Roud au rayon poésie
(2ème étage, 840.1 ROU).

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